Côté vécu…

Se former pour mieux servir

Appelées par l’évêque à une responsabilité pastorale, Inge, Laurence et Patricia se sont engagées à suivre l’année d’orientation (dite fondamentale), et à poursuivre le cycle biblique et théologique. Exigeante, la formation proposée par le Centre d’Études Pastorales (CEP) vise la sensibilisation aux diverses dimensions de l’appel à servir le Christ et son Église.

arton1352-9f7a0Engagées en paroisse, en aumônerie d’hôpital ou de prison, Inge, Laurence et Patricia sont mariées, ont un emploi et une vie de famille bien remplie. La décision de prendre part à une telle formation n’allait pas de soi. Avec le recul, elles la perçoivent comme exigeante, certes, mais nécessaire et épanouissante.

 

Quelles étaient les motivations au départ ?

Laurence est coresponsable à la clinique du Bois de la Pierre (Wavre). Le jour où il lui est demandé de suivre l’année fondamentale, cette perspective lui fait peur.

« Au début, je n’étais pas très motivée, les difficultés d’organisation me freinaient… j’ai pourtant décidé de faire la formation et clairement je la conseille. »

Inge est responsable pour la pastorale des jeunes dans sa paroisse à Braine-l’Alleud. C’est lors d’une conférence sur la chrétienté dans le monde, qu’elle réalise à quel point «c’est mon lieu-source ». D’emblée l’idée d’approfondir la source s’est imposée.

« Plutôt que d’aller à l’Université, je préférais un lieu d’approfondissement et de rencontres, dans un but de partage. »

Patricia est visiteuse à la prison de Nivelles. La formation lui est demandée par le responsable de l’équipe d’aumônerie.

« J’y suis allée en me disant : on verra bien, et au final ce fut une expérience positive qui m’a donné le goût d’aller plus loin dans la réflexion. »

Que vous a apporté la formation ?

Laurence : C’est le regard que je pose sur Dieu qui a changé : avant je réfléchissais Dieu, maintenant j’ai une relation avec Dieu : c’est tout à fait différent. J’ai appris à ouvrir le cœur plutôt que la tête.

Inge : Je constate que la formation n’est pas séparée de la vie, c’est comme la Croix, elle est en nous ! Quand on ouvre les bras, l’horizontalité nous met en lien avec le monde, tandis que la verticalité nous enracine.

Patricia : Pour moi, c’est un outil pour pouvoir parler plus facilement de Dieu, de l’amour et de Jésus-Christ. Car une chose est de croire en Dieu, une autre, est de pouvoir en parler.

En quoi a-t-elle approfondi votre mission ?

Laurence : Indiscutablement le discernement m’aide à être plus à l’aise dans ma foi et ma mission auprès des malades. Je me rends à l’hôpital, non plus seule, mais en étant accompagnée par l’Esprit Saint, et cela transparaît. Ainsi par exemple, avant, jamais je n’aurais osé porter la communion aux malades. Maintenant ce geste m’apparaît comme un moment fort et intime avec Dieu.

Inge : Cela m’a apporté une plus grande aisance dans mon engagement auprès des jeunes, une ouverture dans l’accueil de la personne en face de moi. Ce que j’ai appris m’a confortée dans ce que j’avais déjà en moi et à le mettre en pratique.

Patricia : La formation a véritablement ancré ma foi, elle m’a permis de faire un chemin de discernement quant à mon engagement de visiteuse de prison. Lorsqu’une relation de confiance est installée avec un détenu, c’est plus confortable de s’appuyer sur des textes pour les mettre en lien avec sa vie quotidienne. En entrant dans une cellule je me sens accompagnée par Quelqu’un, cela m’aide à maîtriser ma peur…

Les difficultés ?

Pour toutes, elles sont surtout d’ordre organisationnel : c’est dur de « sacrifier » certains week-ends ou de repartir le soir en laissant la famille. Les travaux à remettre constituent un effort supplémentaire. Difficulté encore d’articuler la formation à la vie professionnelle, et d’oser en parler sur son lieu de travail. Mais le chemin parcouru vaut bien les efforts consentis !

Propos recueillis par Bernadette Lennerts
(dans PASTORALIA – n°1 2014 p.27)